Articles avec le tag ‘Marie’

Litanies au Très Saint Cœur de Marie

Seigneur, –> ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, –> ayez pitié de nous.

Seigneur, –> ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, –> écoutez nous.

Jésus-Christ, –> exaucez nous.

Père céleste, vrai Dieu, –> ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, –> ayez pitié de nous.

Esprit-Saint, qui êtes Dieu, –> ayez pitié de nous.

Trinité sainte, qui êtes un seul Dieu, –> ayez pitié de nous.

Cœur de Marie, conçu sans la tache du péché, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, rempli de l’abondance des grâces, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, qui êtes béni entre tous les cœurs, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, très pur et très chaste, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, très doux et très humble, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, séjour de toutes les vertus, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, sanctuaire de l’adorable trinité, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, tabernacle du Verbe fait chair au jour de l’Annonciation, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, comblé de joie au jour de la Visitation, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, pénétré d’amour à la naissance du divin Sauveur, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, transporté d’admiration pour Jésus à l’adoration des Mages, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, percé d’un glaive de douleur selon la prédiction du saint vieillard Siméon, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, plein de la plus tendre sollicitude pendant la fuite en Egypte, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, profondément affligé de la perte de Jésus et pleinement consolé en le retrouvant au temple, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, partageant les douleurs de Jésus dans sa passion, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, brisé et éperdu à l’aspect des souffrances d’un tel Fils, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, crucifié avec Jésus, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, souffrant une agonie cruelle en le voyant expirer, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, plongé dans un océan d’amertume lorsqu’on descendit Jésus de la croix, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, enseveli avec Jésus dans le tombeau avec Jésus, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, transporté d’allégresse à la Résurrection de Jésus, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, transporté par les anges et couronné par Dieu même au jour de l’Assomption, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, refuge des pécheurs, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, soutien des justes, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, délices des âmes pures, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, consolation des affligés, –> priez pour nous.

Cœur de Marie, doux espoir des mourants, –> priez pour nous.

Agneau de Dieu qui effacez le péché du monde, –> pardonnez nous Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez le péché du monde, –> exaucez nous Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez le péché du monde, –> ayez pitié de nous.

V. Agréez Vierge Sainte, les louanges que je vous offre.

R. Obtenez moi la force de résistez a vos ennemis.

Prions : Cœur aimable de la plus tendre des mères, qui ne rejetez et n’abandonnez aucun de vos enfants, jetez sur moi des regards de miséricordes. Que votre intercession puissante m’obtienne de votre divin Fils le pardon de mes péchés. Je vous le demande par la grâce de Jésus qui vit et règne avec le Père, en l’unité du Saint-Esprit. Amen.

Litanies de la Vierge Marie

Seigneur, prends pitié
O Christ, prends pitié
Seigneur, prends pitié
Sainte Marie, priez pour nous
Sainte Mère de Dieu, priez pour nous
Sainte Mère toujours, priez pour nous
Mère de Jésus, l’Emmanuel, priez pour nous
Mère de Jésus, le Sauveur, priez pour nous
Mère de Jésus, le Seigneur, priez pour nous
Mère conçue sans péché, priez pour nous
Mère de la lumière, priez pour nous
Mère de la vie, priez pour nous
Mère de l’amour, priez pour nous
Mère de la miséricorde, priez pour nous
Mère de l’espérance, priez pour nous
Mère de l’Eglise, priez pour nous
Mère de tous les hommes, priez pour nous
Mère bénie entre toutes les mères, priez pour nous
Vierge comblée de grâce, priez pour nous
Vierge toute sainte, priez pour nous
Vierge très humble, priez pour nous
Vierge très pauvre, priez pour nous
Vierge très pure, priez pour nous
Vierge accueillante à la Parole, priez pour nous
Vierge croyante, priez pour nous
Vierge obéissante, priez pour nous
Vierge priant, priez pour nous
Vierge souffrante, priez pour nous
Vierge exaltante, priez pour nous
Vierge bénie entre toutes les vierges, priez pour nous
Eve nouvelle, priez pour nous
Fille de Sion, priez pour nous
Héritière de la promesse, priez pour nous
Servante du Seigneur, priez pour nous
Arche de l’Alliance, priez pour nous
Cité de Dieu, priez pour nous
Demeure de la Sagesse, priez pour nous
Temple de l’Esprit Saint, priez pour nous
Etoile du matin, priez pour nous
Porte du ciel, priez pour nous
Splendeur de la création, priez pour nous
Femme bénie entre toutes les femmes, priez pour nous
Médiatrice de grâce, priez pour nous
Dispensatrice de la paix, priez pour nous
Soutien des ministres du Seigneur, priez pour nous
Guide des consacrés, priez pour nous
Modèle des épouses, priez pour nous
Protectrice des familles, priez pour nous
Secours des chrétiens, priez pour nous
Consolatrice de ceux qui pleurent, priez pour nous
Avocate des opprimés, priez pour nous
Salut des malades, priez pour nous
Refuge des pécheurs, priez pour nous
Joie de tous les enfants de Dieu, priez pour nous
Reine élevée au ciel, priez pour nous
Reine des Anges, priez pour nous
Reine des Patriarches, priez pour nous
Reine des prophètes, priez pour nous
Reine des apôtres, priez pour nous
Reine des martyrs, priez pour nous
Reine des pasteurs, priez pour nous
Reine des docteurs, priez pour nous
Reine des vierges, priez pour nous
Reine des fidèles, priez pour nous
Reine de tous les saints, priez pour nous
Reine du monde à venir, priez pour nous
Notre Dame de la Prière, apprenez-nous à prier
Notre Dame du bel Amour, apprenez-nous à aimer
Notre Dame du Magnificat, apprenez-nous à louer
Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous (trois fois)
Prions :
Alors que nous venons de contempler
les merveilles que tu as accomplies en Marie,
accorde-nous, Seigneur, par son intercession,
le bonheur de vivre dès à présent en ta présence
et d’avoir part un jour à la plénitude de ta grâce.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Belle prière de Paul Claudel

Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer.

Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n’ai rien à offrir et rien à demander.

Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela

Que je suis votre fils et que vous êtes là.

Rien que pour un moment pendant que tout s’arrête.

Midi!

Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.

Ne rien dire, regarder votre visage,

Laisser le cœur chanter dans son propre langage.

Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu’on a le cœur trop plein,

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,

Parce qu’il est midi, parce que nous sommes en ce jour d’aujourd’hui,

parce que vous êtes là pour toujours,

simplement parce que vous êtes Marie,

simplement parce que vous existez,

Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée!

Prières anciennes,à Marie la Sainte Vierge

Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)
O bienheureuse et très douce Vierge Marie, Mère de Dieu, pleine de toute bonté, fille du Roi des rois, Souveraine des Anges, mère du Créateur de l’univers, je jette dans le sein de votre bonté, aujourd’hui et tous les jours de ma vie, mon corps et mon âme, toutes mes actions, mes pensées, mes volontés, mes désirs, mes paroles, mes œuvres, ma vie tout entière et ma mort, afin que, par vos suffrages, tout cela tende au bien, selon la volonté de votre cher Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, afin que je vous aie, ô ma très sainte Souveraine, pour alliée et pour consolatrice, contre les embuches et les pièges de l’antique adversaire et de tous mes ennemis.

De votre cher Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, daignez m’obtenir la grâce qui me permettra de résister aux tentations du monde, de la chair et du démon, et d’avoir toujours le ferme propos de ne plus pécher à l’avenir, mais de persévérer en votre service et en celui de votre cher Fils.
Je vous prie aussi, ô ma très sainte Souveraine, de m’obtenir une vraie obéissance et une vraie humilité du cœur, afin que je me reconnaisse en vérité comme un misérable et fragile pécheur, impuissant non seulement à faire la moindre bonne œuvre, mais encore à résister aux attaques continuelles, sans la grâce et le secours de mon Créateur et vos saintes prières.
Obtenez-moi aussi, ô ma très douce Souveraine, une perpétuelle chasteté d’esprit et de corps, afin que d’un cœur pur et d’un corps chaste, je puisse servir votre Fils aimé et vous-même selon ma vocation.

Obtenez-moi de lui la pauvreté volontaire, avec la patience et la tranquillité d’esprit, afin que je sache supporter les travaux de ma condition pour mon salut et celui de mes frères.
Obtenez-moi encore, ô très douce Souveraine, une charité vraie qui me fasse aimer de tout cœur votre très saint Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, et vous, après lui, par-dessus toutes choses, et le prochain en Dieu et à cause de Dieu, sachant me réjouir de son bien, m’affliger de son mal, ne mépriser personne, ne jamais juger témérairement, ne me préférer dans mon cœur à quiconque.
Apprenez-moi, ô Reine du Ciel, à toujours unir dans mon cœur la crainte et l’amour de votre très doux Fils ; à toujours rendre grâces de tant de bienfaits qui me viennent non de mes mérites mais de sa pure bonté ; à faire de mes péchés une confession pure et sincère, une pénitence vraie, pour mériter ainsi miséricorde et grâce.

Je vous supplie enfin, ô Mère unique, porte du ciel et avocate des pécheurs, de ne pas permettre qu’à la fin de ma vie, moi, votre indigne serviteur, je dévie de la sainte foi catholique, mais que vous me secouriez selon votre grande miséricorde et amour, et que vous me défendiez des esprits mauvais ; que par la glorieuse Passion de votre Fils béni, et par votre propre intercession, mon cœur plein d’espérance, vous m’obteniez de Jésus le pardon de mes péchés, de sorte que, mourant dans votre amour et le sien, vous me dirigiez dans la voie de la délivrance du salut.

La plus ancienne prière à la Vierge Marie (IIIe siècle?)

Sous l’abri de ta miséricorde

nous nous réfugions,

sainte Mère de Dieu.

Ne méprise pas nos prières

quand nous sommes dans l’épreuve,

mais de tous les dangers

délivre-nous toujours,

Vierge glorieuse,

Vierge bienheureuse !

Prière de la fraternité

Seigneur notre Dieu, Toi qui dans ton Fils Jésus, le Verbe fait chair a manifesté ta gloire dans le monde, donne-nous de découvrir dans la vie des hommes et des femmes d’aujourd’hui, les signes de ta présence, surtout les plus pauvres.

Rends-nous disponibles à nos frères, Fais de nous des artisans de paix.

Que ton Esprit Saint éveille en nos cœurs le désir d’annoncer la Bonne Nouvelle de ton amour.

Que la Vierge Marie, l’Immaculée Conception, Notre Dame de Lourdes, soit toujours notre Reine et notre Protectrice contre les attaques du démon dans notre marche sur la route des hommes vers le Royaume des Cieux.

Que Saint François et Sainte Claire d’Assise, parfaits serviteurs de Jésus Christ nous aident à être fidèles aux engagements du baptême et à notre choix de vie, en parfaite communion avec l’Église.

Nous te prions pour toute l’Église et en particulier pour notre famille spirituelle.

Donne à chaque chrétien de prendre conscience de sa responsabilité de citoyen du Royaume et de pierre vivante de l’Église.

Pose ton regard d’amour sur de nombreux hommes et femmes de tout âge.

Choisis au milieu de ton peuple des ouvriers apostoliques pour les ministères ordonnés ou la vie consacrée.

Fais leur comprendre qu’il vaut la peine de suivre Jésus ton Fils et de consacrer sa vie pour toi et l’humanité.

Qu’à l’exemple de Marie, Mère de l’Église ils croient en ta parole et acceptent d’être témoins vivants et joyeux de la Foi et de l’Espérance dans le service de l’Évangile et l’amour de tous les hommes. Amen.

Prière de nativité

Dis, douce Marie, avec quel tendre amour
Regardais ton enfant Jésus-Christ mon Dieu.
Lorsque tu l’eus mis au monde sans douleur,
La prime chose, je crois bien, que tu fis,
Ce fut de l’adorer, ô pleine de grâce.
Puis sur le foin, dans la crèche, le posas,
De quelques pauvres langes l’emmaillotas,
Tout émerveillée et joyeuse, je crois.
Oh quelle grand ‘joie tu avais, et quel bien
Quand tu le tenais dans tes bras maternels !
Dis-le moi, Marie, car peut-être il convient
Que par pitié un peu tu me satisfasses.
Tu mettais alors des baisers sur sa face,
N’est-ce pas, et tu disais : O mon enfant !
Tantôt mon enfant, tantôt Père et Seigneur,
Tantôt Dieu, tantôt Jésus tu le nommais.
O quel doux amour tu sentais dans ton cœur,
Quand dans ton giron, serré, tu l’allaitais.
Que de gestes doux, pleins d’amour adorable
Tu voyais, étant avec ton doux enfant.

Prière de Marie dans la nuit de Noël

Père des cieux,
qui suis-je
pour avoir pu porter en mon sein
mon Seigneur et mon Créateur ?
Tout est l’œuvre de tes mains :
la terre entière,
mon peuple,
et moi aussi, petite fille d’Israël.
Qui suis-je,
pour que tu aies fait de moi
la mère de ton Fils ?
Je te bénis. Père, et je te rends grâce,
d’avoir jeté ton regard
sur ma petitesse.
Tu es béni. Dieu de mes pères,
de m’avoir fait comprendre
le mystère de ta fécondité
et d’avoir accompli en mon sein
de grandes choses. Magnificat !

Seigneur Jésus,
Fils unique du Père
et – comment est-ce possible ? –
mon propre Fils à moi,
je chante ta louange et je te remercie
parce que tu as bien voulu de moi
pour être ta maman.
Qui suis-je donc,
pour que tu m’aies comblée d’une telle grâce ?
Tu m’as bénie au-delà de toute mesure.
Qui suis-je donc pour avoir pu comprendre –
à la mesure de ta grâce
et de ma petitesse –
ce que signifiaient les paroles
qu’en entrant dans le monde
tu as dites à ton Père :
"Me voici, pour faire ta volonté" ?
C’est par ton obéissance
que j’ai pu répondre au Père
et lui dire ’oui’.
C’est ton ’oui’ qui a préparé le mien,
qui l’a rendu possible.
Mon Seigneur, mon Dieu, mon Fils,
ce n’est pas moi qui t’ai porté ;
non, c’est plutôt toi qui m’as portée.
De tout mon cœur je te rends grâce :
Magnificat !

Esprit Saint,
hôte invisible, irrésistible et si respectueux,
de mon âme
et de mon corps,
je te bénis, je te rends grâce,
car tu as fait en moi de grandes choses.
Mon Fils, Jésus,
c’est à ton ombre
que je l’ai reçu dans mon cœur
et dans mon corps.
Ce sera toi encore, toi seul,
qui pourras me le faire comprendre ;
tu me parleras de lui
et jour après jour
je garderai toutes ces choses en mon cœur.
Apprends-moi ce qu’il me faut vivre
pour être pleinement sa mère.
Tu m’as éclairée
lorsque je ne voyais pas
comment cela pourrait se faire,
alors que je ne connaissais pas d’homme.
Éclaire-moi encore
dans les ténèbres de l’angoisse
qu’un jour ou l’autre tous les enfants
font peser sur leur mère.
Dès maintenant,
prépare en moi les ’oui’
que je devrai lui dire.
Bénis sois-tu, Esprit du Père
et de mon FIls !
Magnificat !

Cardinal Danneels
Archevêque de Malines-Bruxelles
La nativité – Noël 1985

Marie et la naissance de Jésus

Dans le récit de la naissance de Jésus, l’évangéliste Luc rapporte quelques données qui aident à mieux comprendre la signification de l’évènement. Il rappelle avant tout le recensement ordonné par César Auguste, qui oblige Joseph, « de la maison et de la lignée de David », et Marie, son épouse, à se rendre « à la ville de David, qui s’appelle Bethléem ». (Lc 2, 4). En nous informant sur les conditions dans lesquelles ont lieu le voyage et l’accouchement, l’évangéliste nous décrit une situation de privation et de pauvreté, qui laisse entrevoir certaines caractéristiques fondamentales du règne messianique : un règne sans honneurs ni pouvoirs terrestres, qui appartient à Celui qui, dans sa vie publique, dira de lui-même : «Le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête » (Lc 9, 58).

Elle coucha dans une crèche Celui qui représente l’Espérance de l’humanité…

Le récit de Luc mentionne quelques détails, apparemment sans importance, dans l’intention d’encourager chez le lecteur une meilleure compréhension du mystère de la Nativité et des sentiments de Celle qui engendre le Fils de Dieu. La description de l’évènement de l’accouchement, racontée de façon simple, présente Marie comme participant intensément à ce qui se réalise en elle :

«Elle enfanta son Fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche… » (Lc 2, 7).

L’action de la Vierge est le résultat de sa pleine disponibilité à coopérer au dessein de Dieu, qu’elle avait déjà manifestée lors de l’Annonciation par son « qu’il m’advienne selon ta parole ! » (Lc 1, 38). Marie vit l’expérience de l’accouchement dans une condition d’extrême pauvreté : elle ne peut même pas donner au fils de Dieu ce que les mères ont l’habitude d’offrir à un nouveau-né ; mais elle doit au contraire le déposer « dans une crèche », un berceau improvisé qui contraste avec la dignité du « Fils du Très Haut ».

L’Evangile rapporte qu’«ils manquaient de place dans la salle» (Lc 2, 7). Il s’agit d’une affirmation qui, en rappelant le texte du prologue de Jean « les siens ne l’ont pas accueilli » (1, 11), préfigure d’une certaine façon les nombreux refus auxquels Jésus sera confronté au cours de sa vie terrestre. L’expression « ils manquaient de place » associe dans ce refus le Fils et la Mère et montre que Marie est déjà associée au destin de souffrance de son Fils et participe à sa mission rédemptrice.

On manquait de place à l’auberge, mais les bergers l’ont accueilli

Refusé par les « siens », Jésus est accueilli par les pasteurs, des hommes grossiers et peu recommandables, mais choisis par Dieu pour être les premiers destinataires de la bonne nouvelle de la naissance du Sauveur. Le message que l’Ange leur adresse, est une invitation à se réjouir : « Voi-ci que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple » (Lc 2, 10), suivie d’un encouragement à surmonter toute peur : « Soyez sans crainte ». En effet, comme pour Marie au moment de l’Annonciation, pour eux aussi, la nouvelle de la naissance de Jésus représente le grand signe de la bienveillance divine envers les hommes.

Dans le divin Rédempteur, contemplé dans la pauvreté de la grotte de Bethléem, l’on peut saisir l’invitation à s’approcher avec confiance de Celui qui représente l’espérance de l’humanité. Le cantique des anges : «Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes objets de sa complaisance », qui peut également être traduit par « les hommes bienveillants » (Lc 2, 14) révèle aux pasteurs ce que Marie avait exprimé dans son Magnificat : la naissance de Jésus est le signe de l’amour miséricordieux de Dieu, qui se manifeste spécialement envers les humbles et les pauvres.

Les pasteurs répondent avec enthousiasme et sollicitude à l’invitation de l’ange: « Allons jusqu’à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaitre » (Lc 2, 15). Leur recherche n’est pas vaine: « Ils trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né» (Lc 2, 16). A eux, comme nous le rappelle le Concile, « la Mère de Dieu, présenta dans la joie [...] son Fils premier-né» (Lumen gentium, n. 57). C’est l’évènement déterminant pour leur vie. Le désir spontané des bergers de rapporter « ce qui leur avait été dit de cet enfant» (Lc 2, 17), après l’admirable expérience de la rencontre avec la Mère et le Fils, suggère aux évangélisateurs de tout temps l’importance et, plus encore, la nécessité d’un profond rapport spirituel avec Marie, pour mieux connaitre Jésus et devenir les annonciateurs joyeux de son Évangile de salut.

Marie, face à ces évènements extraordinaires

Face à ces évènements extraordinaires, Luc nous dit que Marie « conservait avec soin toutes ces choses en les méditant dans son cœur» (Lc 2, 29). Tandis que les pasteurs passent de l’effroi à l’admiration et à la louange, la Vierge, grâce à sa foi, maintient vif le souvenir des évènements concernant son fils et les approfondit avec la méthode de la méditation dans son cœur, c’est-à-dire au plus intime de sa personne. De cette façon, Marie suggère à une autre mère, l’Église, de privilégier le don et l’engagement de la contemplation et de la réflexion théologique, pour pouvoir accueillir le mystère du salut, en le comprenant mieux et en l’annonçant avec un élan renouvelé aux hommes de tout temps.

Le Noël orthodoxe des icones

l’Audience Place saint Pierre, le 4 juillet 2001, Jean-Paul II évoquait son Voyage apostolique en Ukraine: « avoir présidé à Kiev et Lviv des messes solennelles en rite latin ou en rite byzantin-ukrainien, a été une expérience inoubliable. Ce fut comme vivre la liturgie ‘à deux poumons’.. » Le 14 février 2004, célébrant la fête des saints Cyrille et Méthode, apôtres des peuples slaves et Patrons de l’Europe avec saint Benoît Abbé, il ajoutait : « En évangélisant les régions du centre et de l’est du continent, ils ont contribué de façon déterminante à faire en sorte que l’Europe chrétienne puisse respirer avec deux poumons : le poumon de l’Occident et le poumon de l’Orient. »

La Théotokos, la Mère de Dieu

Dans la représentation occidentale traditionnelle, depuis le 16ème siècle, Noël c’est la fête intimefetes noel de la Sainte Famille. Côté humain du mystère. Conséquence de la révolution humaniste de la Renaissance, c’est l’homme-Dieu, plus que le Dieu-homme, qui est représenté. Aspect sentimental et non dogmatique de l’évènement. Il ne s’agit que d’une touchante et attendrissante scène de famille dans laquelle chacun est appelé à se reconnaitre. En occident nous voyons la naissance du petit Enfant et la bonté et l’humanité de Dieu qui nous est né.

Dans l’Église orthodoxe il s’agit plus du grand mystère de la venue de Dieu parmi les hommes, de la réalisation de la promesse de l’arrivé du Messie. Il y a un personnage central : ce n’est pas l’Enfant mais c’est Marie. Elle est représentée plus grande que les autres personnages. Elle est couchée au centre sur un coussin rouge. Cela signifie qu’elle est en premier lieu Celle qui nous donne Dieu, la Théotokos, la Mère de Dieu. Souvent elle n’est pas tournée vers l’enfant mais vers nous, car elle est Mère de tous les hommes.

Du ciel parvient un triple rayon, représentant la Sainte Trinité. Joseph est assis en bas à gauche. Les apocryphes nous disent que Satan est venu pour lui dire que c’est impossible qu’un enfant soit né d’une Vierge.

Contemplons et adorons

Contemplons ces icônes de la Nativité, elle nous font oublier l’excitation qui accompagne trop souvent les 02 Nativ byzant9fêtes de Noël. Il y règne une telle paix, une telle harmonie; tout est en fête, dans la joie. Les astres rayonnent dans les cieux, les rochers s’ouvrent pour accueillir leur Créateur, les animaux sont pacifiés, les bergers partagent leur joie avec les anges, les mages galopent joyeusement vers la découverte de la Vérité révélée par l’étoile. Tout baigne dans la lumière, une lumière d’un éclat particulier, celle dont parle saint Luc : " L’Ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté " (Luc 2, 9).

"Théologie visuelle", l’icône filtre toute émotivité superflue. Elle fourmille de détails qui ont tous une signification dogmatique tirée soit des Ecritures, soit de la Tradition orale, elle suit très fidèlement le texte liturgique. C’est sur les icônes que dans la Russie ancienne on transmettait ce qu’aujourd’hui on appelle le catéchisme.

L’icône de la Nativité est centrée, non pas sur la crèche, mais sur la grotte, la caverne rocheuse. Cela est conforme à la réalité historique et géographique, le Christ étant né dans une grotte creusée au flanc d’une colline de Bethléem et qui servait aux bergers. On a construit une basilique célèbre au-dessus de cette grotte, qui se trouve à la croisée du transept.

Les icônes de la tradition orientale de l’Eglise nous réconcilient d’emblée avec la fête de Noël et nous faitNativity Roublev p 3 oublier l’excitation qui l’accompagne. Il y règne une telle paix, une telle harmonie ; tout est en fête, c’est-à-dire dans la joie. Les astres rayonnent dans les cieux, les rochers s’ouvrent pour accueillir leur Créateur, les animaux sont pacifiés, les bergers partagent leur joie avec les anges, les mages galopent joyeusement vers la découverte de la Vérité révélée par l’étoile. Tout baigne dans la lumière, une lumière d’un éclat tout particulier.

Les icônes de la nativité expriment le mystère de l’Incarnation rédemptrice. Jésus est couché dans une mangeoire qui ressemble à un cercueil, ses langes ont la forme de bandelettes mortuaires l’Enfant emmailloté de langes (préfiguration des bandelettes qui recouvraient le corps mort du Christ et que les femmes-myrrophores trouvèrent dans le tombeau vide après la résurrection), et il est couché à l’entrée d’une grotte sombre qui évoque les enfers ou il doit descendre. Il faut en dire autant de sa mort sur la croix et la montagne du Golgotha.

Cette foule de détails et de scènes n’est en fait rien d’autre que la représentation en images du kondakion de la fête, auquel ont été ajoutées les deux scènes du bas, à gauche et à droite : La Vierge en ce jour met au monde l’Eternel et la Terre offre une grotte à l’Inaccessible, les anges et les pasteurs Le louent et les mages guidés par l’étoile avancent, car Tu es né pour nous, petit Enfant, Dieu Eternel.

Deux aspects s’interpénètrent dans l’icône :

1 / le fait même, indubitable, de l’Incarnation.

2/ la finalité de cet acte, la restitution de l’humanité déchue. Ainsi que le dit saint Grégoire le Théologien, Noël n’est pas la fête de la création, mais de la recréation qui offre à chaque créature un nouveau sens à sa vie. C’est pourquoi, ainsi qu’en témoigne l’icône, chaque créature loue le Seigneur et participe à l’évènement. Cette multitude de détails veut, en fait, représenter toutes les créatures terrestres et célestes (on dirait de nos jours "toutes les catégories sociales"!), ainsi que le dit un texte des vigiles (4° stichère du lucernaire) : Que T’offrirons-nous, Christ, à Toi qui es né pour nous sur la terre comme un homme ? Chacune de Tes créatures Te rend grâce : les anges T’apportent l’hymne; les cieux l’étoile; les mages leurs présents; les bergers leur admiration; la terre la grotte; le désert la crèche et nous une Mère – Vierge.

Cinq scènes juxtaposées

Les icônes de la Nativité se compose de cinq scènes juxtaposées : les rois mages, les anges et les 03 icone-Nativ bbergers, le lavement, Joseph, la Mère de Dieu et l’enfant. L’icône ne s’est pas faite en un jour, les premières représentations de la Nativité remontent au 4ème s..

Toute la composition picturale est centrée sur la grotte, vers elle tout converge. C’est comme une spirale dont le point central serait ce trou sombre d’où luit la Lumière. Ce trou noir symbolisant le monde, le péché, l’enfer est une constante de l’iconographie. Jésus est là,04 jesus creche comme s’il était issu de la terre elle-même. Cette image nous donne le vrai sens de l’Incarnation. Lorsque Adam a été créé, il a été tiré de la terre, aujourd’hui – le second Adam – le Christ, recrée l’homme dans sa personne. Le Fils de Dieu a pris notre condition humaine : il est né de la terre et retournera à la terre, lors de son ensevelissement : " Le premier homme, issu du sol est terrestre ; le second homme, lui, vient du ciel… Et de même que nous avons revêtu l’image du terrestre, il nous faut revêtir l’image du céleste" (1 Corinthiens 15, 47,49).

Au centre, sur fond de montagne, nous voyons la grotte avec le Sauveur dans la crèche. Penchés sur la crèche le bœuf et l’âne. En haut, au-dessus de la grotte et de l’Enfant, jaillit une source de lumière porteuse de l’étoile qui donne naissance à trois rayons.

Marie est à l’extérieur de la grotte, au lieu de regarder son enfant, elle détourne la tête ; pense-t-elle à la Passion ? Nous regarde-t-elle ? Marie est celle qui regarde de tout son cœur. Sa silhouette est monumentale, elle tient une grande place dans la composition de l’icône; l’absence de proportion est voulue, cela exprime l’importance de la Vierge dans le mystère de l’Incarnation impossible sans son consentement libre et conscient. C’est tout le sens de la liberté chrétienne. Marie, par la naissance de son Fils, devient Mère de Dieu, Théotokos.

Dans certaines icônes, elle regarde avec compassion Joseph, qui est dans le doute et à travers lui l’humanité tout entière plongée dans les ténèbres de l’ignorance.

L’Incarnation

Marie à l’extérieur de la grotte détourne la tête de son enfant : craint-elle la Passion ? Nous regarde-t-elle ?05 Icone ND du Perpetuel Secours b Marie est celle qui regarde de tout son cœur. Elle est monumentale ; l’absence de proportion est voulue pour exprimer la place de la Vierge dans ce mystère de l’Incarnation impossible sans son consentement libre et conscient. C’est tout le sens de la liberté chrétienne. Par la naissance de son Fils elle devient Mère de Dieu, Théotokos.

Notre-Dame du Perpétuel-Secours

On peut faire l’analogie avec l’icône de Notre-Dame du Perpétuel-Secours vénérée en Crète, des habitants fuyant l’invasion turque à la fin du 14ème s., apportèrent à Rome l’image qui fut placée au dessus du maitre-autel de l’église St Matthieu. La Vierge apparait avec Son Enfant ; deux anges, de part et d’autre, présentent les instruments de la Passion à l’Enfant-Jésus effrayé, la Sainte Vierge serre la main de son Fils.

Le lavement de Jésus

extrait lavementUne scène venant du Pro évangile de Jacques représentent deux femmes dont l’une verse de l’eau pour le bain de l’enfant dans une cuve qui évoque la cuve baptismale. L’Enfant qui est né est véritablement homme et en tant que tel Il est lavé comme tous les bébés du monde.

L’âne et le bœuf

L’évangéliste ne mentionne pas l’âne et le bœuf. La logique supplée au récit : Joseph pour voyager avait un âne et la crèche était remplie de foin04 jesus creche pour nourrir les bêtes. L’iconographie de Noël fait référence à l’Ancien Testament, aux prophéties d’Habacuc (Hab, III, 2) et d’Isaïe (Is, I, 3), où ils apparaissent :" Le bœuf reconnait son bouvier et l’âne la crèche de son maitre " (Isaïe 1, 3.)

Autour de cette scène principale

Autour de cette scène principale s’organisent d’autres scènes, que l’on lira de gauche à droite, dans un mouvement circulaire qui se déroule autour de la scène centrale.

extrait JosephJoseph assis dans un coin se détourne accablé, le tentateur, sous la forme d’un berger, essaie d’éveiller en lui des doutes sur l’origine divine de Jésus.

extrait anges

Les anges remplissent leur double ministère. Les anges tournés vers le haut sont dans la louange, ceux qui se penchent vers le bas, vers les bergers jouent leur rôle d’intercession auprès de l’humanité, annonçant la bonne nouvelle aux bergers, gens simples, au cœur pur, auxquels ils peuvent parler directement: Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

Les mages, habillés comme des Persans, ces maitres de la scienceextrait bergers antique ; à la différence des bergers, il leur extrait magesa fallu une longue recherche, un long cheminement intellectuel, pour arriver jusqu’à Dieu.

Les bergers et les mages :Deux modes de connaissance. Deux attitudes face à la révélation. Deux chemins menant au même but, mais par des voies différentes.

le cœur de l’homme devient la grotte où le Christ nait intérieurement

06 Rozdestwo
Ainsi à Noël le cœur de l’homme devient la grotte où le Christ nait intérieurement afin de transformer tout son être. Une hymne de l’Église latine, pour l’office des Laudes au temps de Noël, chante : « Enfant divin, viens prendre naissance dans notre cœur ». , faisant écho, semble-t-il, à ce verset de la 2e Epitre de Saint Pierre (1, 9) nous invitant à attendre que « l’Étoile se lève dans nos cœurs », comme elle s’est levée sur la grotte sacrée de Bethléem

les thèmes
les archives
language
diaporama
Get the Flash Player to see the slideshow.